Publié le: 24 janvier 2017 à 16h01

Les ampoules LED sont dangereuses pour la vision !

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Une récente étude de l’Inserm, a prouvé que la lumière artificielle émise par les ampoules LED est dangereuse pour la vision et est capable de causer la mort cellulaire (apoptose) des photorécepteurs impliqués dans la vision.

Pour combler ce déficit, une équipe Inserm s’est intéressée à l’impact phototoxique des rayons émis par ces dispositifs sur la rétine de plusieurs rats.

Les chercheurs ont procédé en trois temps : Ils ont d’abord montré que, quel que soit le type d’ampoules utilisé, l’exposition à une forte intensité lumineuse (6000 lux) durant 24 heures altère la rétine de rats dont la pupille a été dilatée. L’analyse biologique montre dans tous les cas un état inflammatoire qui favorise la mort cellulaire (apoptose) des photorécepteurs impliqués dans la vision.

En revanche, en exposant durant 24 heures ces mêmes animaux à une intensité lumineuse similaire à celle habituellement utilisée dans les habitations (500 lux), seules les LED sont apparues néfastes : avec ces ampoules, la rétine des animaux montre des signes d’altération moindres mais similaires à ceux observés sous forte exposition. Ceci n’est pas observé avec les autres types d’ampoules.

Alicia Torriglia, qui a encadré ces travaux  avec le Professeur Behar-Cohen, précise : « Le recours à des rats dont la pupille a été dilatée permet d’amplifier les conséquences potentielles de la lumière, puisque la contraction de la pupille est un mécanisme physiologique de protection de l’œil contre l’agression lumineuse« . Il n’en reste pas moins qu’en l’absence de dilatation de la pupille, des rats albinos exposés à long terme à la lumière des LED (en continu durant une semaine ou un mois) montrent aussi une dégénérescence rétinienne. Et même les rats non albinos, réputés pour être protégés de la dégénérescence photo-induite, présentent des signes de stress oxydant au niveau de leurs rétines.

Derrière la phototoxicité des ampoules LED, une coupable : la lumière bleue.

Chaque source de lumière LED, tubes à fluorescence ou ampoules fluocompactes combine différentes couleurs dans des proportions variables. Ces dernières créent de la lumière blanche en combinant des lumières bleue et jaune. Or, les rayons correspondant à la lumière bleue sont plus énergétiques que les autres. Ils sont aussi connus pour être plus délétères pour des durées d’exposition et des intensités lumineuses équivalentes. « Grâce à nos observations, nous avons montré que la lumière émise par les LED engendre deux phénomènes toxiques parallèles : l’apoptose, mais également une seconde forme de mort cellulaire, la nécrose. Or en se nécrosant, une cellule endommage ses voisines. Ceci explique pourquoi la toxicité de la lumière bleue est plus élevée que celle des autres longueurs d’onde« .

La question du risque sanitaire lié à ces ampoules se pose donc.

Même s’il est probable que les observations faites chez le rat ne sont pas transposables telles qu’elles chez l’homme, les données de cette étude interrogent. « Nos cellules possèdent des mécanismes de réparation qui permettent sans doute de corriger en partie les lésions induites par les LED. Mais nous avons un capital lumière, comme notre peau possède un capital soleil. On peut se demander si nos ampoules domestiques ne favorisent pas son épuisement précoce, et ainsi l’évolution vers la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA)« . Par principe de précaution, ces données appellent à une prochaine génération d’ampoules domestiques, dans laquelle la proportion de lumière bleue serait réduite…

I.B.A. avec Inserm


Météo
Tunis