Publié le: 5 septembre 2017 à 16h40

Birmanie: Le génocide des musulmans rohingyas continue ! (Vidéo)

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Selon l’ONU, 87.000 musulmans rohingyas ont fui les violences qui ont éclaté le 25 août pour se réfugier en territoire bangladais. Des milliers d’autres restent coincés à la frontière dans des conditions exécrables en attendant de pouvoir passer.

L’afflux ne diminue pas. Les Rohingyas de Birmanie sont chaque jour plus nombreux à fuir vers le Bangladesh: ils sont désormais près de 87.000 à avoir pris la route de l’exode, après dix jours de violences qui ont éclaté le 25 août. Soit 10 % de l’ensemble de la population rohingya, rappelle Le Monde. Ce décompte a été communiqué par le bureau de coordination de l’ONU au Bangladesh, lundi.

Vendredi 25 août, une trentaine de postes de police ont été attaqués par les rebelles de l’Arakan Rohingya Salvation Army (ARSA), qui dit vouloir défendre les droits bafoués de la minorité musulmane rohingya. Cet épisode a ouvert une série de violences dans l’État Rakhine (ou État d’Arakan, voir carte ci-dessous), où se concentre la minorité musulmane. L’armée birmane a lancé une vaste opération dans cette région pauvre et reculée, poussant des dizaines de milliers de personnes sur les routes. Bilan en dix jours selon l’armée birmane: 400 morts dont 370 «terroristes» rohingyas, faisant de cet épisode de violence l’un des pires parmi ceux survenus dans l’histoire du conflit. D’après l’ONG Human Rights Watch, des centaines d’habitations ont par ailleurs été incendiées par les forces de l’ordre birmanes.

Le nombre de traversées pourrait encore augmenter, ce qui laisse craindre une importante crise humanitaire. Selon l’ONU, quelque 20.000 personnes restent coincées à la frontière entre la Birmanie et le Bangladesh, dans l’attente d’être autorisées à la franchir. «Si ça continue, nous allons avoir de gros problèmes. Mais c’est impossible d’arrêter ce flux, ces gens sont partout», s’est ainsi inquiété auprès de l’AFP un garde-frontière bangladais dans la ville frontalière de Cox’s Bazar.

À cette zone de passage, les familles qui ont voyagé à pied sur des chemins boueux ont dressé des tentes de fortune, qui s’accumulent. «Il pleut fréquemment depuis la semaine dernière. Nous devons éviter que nos enfants tombent malades», témoigne une mère de cinq enfants interrogée par l’AFP dans un de ces refuges de fortune.

Considérés comme des immigrés en Birmanie

Si elles se sont vivement renforcées ces derniers jours, les violences interethniques sont fréquentes en Birmanie depuis des années. Elles opposent la majorité bouddhiste et la minorité musulmane, concentrée dans l’ouest du pays, sur fond de nationalisme bouddhiste considérant les musulmans comme une menace à la domination bouddhiste du pays. En novembre dernier, l’ONU avait ainsi alerté sur le «nettoyage ethnique» en cours contre cette minorité, après un précédent épisode de violences. La minorité rohingya, entassée dans des camps de fortune, n’a pas accès aux écoles, aux hôpitaux, au marché du travail.

Les autorités birmanes, au premier rang desquelles la cheffe du gouvernement Aung San Suu Kyi, considèrent le million de Rohingyas vivant en Birmanie comme des immigrés en situation illégale du Bangladesh voisin, même s’ils vivent en Birmanie depuis des générations.

De plus en plus de critiques contre le silence des autorités

Ces derniers jours, la tension supplémentaire dans le pays a suscité des réactions. Deux jours après le déclenchement des violences, le pape François a appelé au respect des droits des Rohingyas, visés par une «persécution». Une manifestation de soutien aux Rohingyas a également eu lieu devant l’ambassade birmane à Jakarta, en Indonésie, dimanche.

Ce lundi, la jeune prix Nobel de la paix Malala Yousafzai a pris la tête des protestations internationales en critiquant son homologue Aung San Suu Kyi pour sa gestion du drame des Rohingyas. «Ces dernières années, je n’ai cessé de condamner le traitement honteux dont ils font l’objet. J’attends toujours de ma collègue prix Nobel Aung San Suu Kyi qu’elle en fasse de même», a-t-elle écrit sur son compte Twitter.

À l’inverse, de nombreuses critiques sont également apparues sur les réseaux sociaux contre les médias internationaux mais aussi les ONG étrangères, accusés d’être pro-Rohingyas.

F.T. d’après Le Figaro


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