JCC2017


Publié le: 8 octobre 2016 à 11h30

Insolite: Un couple élève des mouches en Tunisie !!

Partager

couple

Pensant que les insectes sont une source de protéines largement inexplorée, deux entrepreneurs tunisiens audacieux ont décidé d’en développer la culture et la commercialisation en créant nextProtein. En effet, Syrine Chaalala et son mari Mohamed Gastli, pensent que les insectes sont l’avenir de l’homme et plus précisément les mouches soldat noire, un insecte qui ne transmettrait aucune maladie à l’homme.

Dans ce contexte Syrine Chaalala précise à Paris Match qu’à « l’état adulte la mouche soldat ne possède pas de partie buccale. Elle ne fait que s’hydrater et se reproduire. Pas de nourriture, donc pas de microbes« .

« La mouche soldat a un cycle de reproduction court (trois semaines), elle est capable de recycler les déchets et, elle produit une quantité importante de protéines avec un rendement optimal. « Dans 150 m2, on arrive à produire l’équivalent en protéines d’un champ de soja de 150 hectares« , affirme Mohamed Gastli.

Le couple d’entrepreneurs se lance alors dans l’élevage de larves de mouches soldat. Le climat tunisien est très propice à cette culture qui résiste mal au froid. « En plus, ajoute Mohamed, les résidus maraîchers et de primeurs ne sont pas valorisés en Tunisie, il n’existe pas de recyclage organisé pour la matière organique comme en France. » Ces restes sont gratuits en Tunisie, les vendeurs de fruits et légumes, les jettes.

Approchés par ce couple, ces vendeurs ont accepté de les leur donner. Ainsi, Syrine Chaalala et Mohamed Gastli ont commencé leur élevage dans un garage familial à Hammamet avec une tente moustiquaire et un réchaud. Petit à petit, le garage s’est transformé en ferme et les moutons ont été remplacés par des mouches.

Aujourd’hui, nextProtein est une société de droit français basée à Orsay. « Notre filiale de production en Tunisie produit désormais 30 kilos d’insectes par jour en consommant 200 à 300 kilos de déchets et matières organiques ainsi recyclés, explique Syrine. Le site est habité par une colonie vivante de 100 000 mouches soldat qui produisent 1 million de larves par jour. »

« Après la ponte des œufs et leur incubation, le grossissement des larves se fait sur la matière organique. A partir de là, par tamisage nous récupérons un fertilisant, c’est notre premier produit commercialisé. Ce mélange d’excréments de mouches et de résidus de matière organique forme un fertilisant « bio » que nous vendons à 100 euros le kilo. Les larves quant à elles sont ensuite transformées en extrait d’huile ou de farine protéinée. Les deux produits sont vendus à l’industrie de nutrition animale à plus de 1 000 euros la tonne. »

Les saumons norvégiens et canadiens, la truite arc-en-ciel du Pays basque, la crevette asiatique en consomment.

Les aliments pour animaux de compagnie, chiens et chats, sont également à base d’excréments de mouches et de  larves.

Syrine Chaalala et Mohamed Gastli rêvent qu’un jour l’être humain puisse consommer ce produit, c’est sur quoi ils travaillent.

couple1 couple2 couple3 couple4 couple5 cuple6

I.B.A. avec Paris Match 


Météo
Tunis