JCC2017


Publié le: 3 septembre 2017 à 16h39

La finance climatique

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Le financement du climat représente des flux de fonds monétaires de la part des pays développés aux pays en développement afin d’aider les pays les plus pauvres à réduire leurs émissions et à s’adapter aux changements climatiques. Selon les Nations Unies, Les sources et la gouvernance du financement climatique ont été largement débattues depuis le sommet du changement climatique en 2009 à Copenhague, où les pays industrialisés se sont engagés à accorder 100 milliards de dollars par an en financement supplémentaire du climat à partir de 2020. Pour faire avancer le processus, selon la Banque Mondiale, un financement «rapide» immédiat de jusqu’à 30 milliards de dollars a été mis en œuvre jusqu’à la fin de 2012.

Les pays qui assuraient les dons ont respecté leur engagement initial relativement rapide d’une façon que plus de 30 milliards de dollars de financements climatiques supplémentaires ont été fournis depuis Copenhague. Mais à l’échelle mondiale, il n’y a pas de chemin clair pour ramener le soutien à la cible de 100 milliards de dollars d’ici la fin de 2020, ce qui est une quasi-obligation dont les pays riches sont habitué à ne pas respecter. Ceci a été prouvé par le fait qu’en juin dernier le président Américain Donald Trump ait quitté cet accord.

Le financement climatique a été un élément central des conventions internationales sur le changement climatique depuis le début. La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques qui a été adoptée en 1992, a déclaré que les pays développés fourniraient des «des ressources financières qui sont nouvelles et supplémentaires» aux pays en développement. Au cours des premières années, cette aide financière a été acheminée par le biais du Fonds pour l’Environnement Mondial (GEF), soit directement, soit par des fonds spécialisés que le GEF administre.

La recherche de nouveaux arrangements institutionnels a donc été un aspect important de la discussion sur le financement du climat. Le résultat a été la création d’une nouvelle organisation, le Fonds Vert pour le Climat (GCF), qui représente le chemin principal par lequel le financement du climat est assuré. Le GCF, basé en Corée du Sud, est contrôlé par un Conseil où la représentation des pays développés et des pays en développement est égale. Il y avait également une pression pour un accès plus direct au financement. Les pays en développement souhaitent obtenir un financement sans passer par des institutions comme la Banque mondiale et sans subir à leurs réglementations et conditions.

Beaucoup de pays ont lancé leurs fonds nationaux spéciaux pour assurer un accès direct. D’autres pays ont montré leur intérêt dans le Fonds Amazonien parrainé par la Norvège comme étant un modèle potentiel.

L’Accord de Paris est le premier accord universel sur climat. L’accord de Paris a marqué une unification internationale sans précédent pour combattre le changement climatique.

L’Accord de Paris est une convention qui, pour la première fois dans l’histoire, amène toutes les nations à faire des efforts ambitieux pour faire face au changement climatique et à s’adapter à ses effets, tout en unifiant une aide aux pays en développement pour arriver à le combattre. En tant que tel, il décrit une nouvelle étape dans l’effort climatique mondial.

L’objectif central de l’Accord de Paris est de consolider l’action internationale à la menace du changement climatique en gardant la hausse de température mondiale en dessous de 2 degrés Celsius ce siècle et au-dessus des niveaux préindustriels et pour tenter de limiter l’augmentation de la température jusqu’à 1,5 degré Celsius. En outre, l’accord vise à renforcer la capacité des pays à agir contre les impacts du changement climatique. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, des flux financiers appropriés, un nouveau cadre technologique et un cadre rigide de renforcement des capacités étaient mis en place, soutenant ainsi les actions des pays en développement et des pays les plus vulnérables, conformément à leurs propres objectifs nationaux.

Au cours de l’année suivante de la signature de l’Accord de Paris en 2015, l’intérêt de construire un large éventail de solutions financières qui peuvent respecter les engagements visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, a augmenté.

Green & Resilience Banks, a déclaré dans un document en novembre 2016, que des investissements de 13 milliards de dollars sont requis uniquement pour respecter les promesses faites par les pays qui soutiennent l’Accord de Paris. Le document a ajouté que, pour une transformation économique «à faible émission en carbone et amicale au climat», le monde doit investir 6 milliards de dollars par an d’ici 2030.

En ce qui concerne la Tunisie, le gouvernement tunisien n’a pas de plan d’acheminement de fonds monétaires d’origine tunisienne pour financer des projets climatiques. La Tunisie, comme étant un pays qui favorise l’investissement étranger et ayant des relations multilatérales amicales surtout avec l’Union Européenne et en particulier avec l’Allemagne, a bénéficié de financements climatiques de la part de plusieurs parties prenantes sous forme d’investissements directs, de prêts, de dons ou de partenariats académiques.

Le fameux parc éolien de Sidi Daoud, qui est créé et mis en service par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz en 2000, est financé par le Fonds pour l’Environnement Mondial et du Programme des Nations Unies pour le Développement. Les financements avaient une valeur de 54 millions d’euros.

On note bien que par exemple la Banque Allemande de Développement ( KFW ), en partenariat avec l’Union Européenne, a accordé un prêt de 12 millions d’euros à la STEG, afin de créer une centrale solaire de 10 MW de puissance.

Le 29 novembre 2016, lors de la conférence « Tunisia 2020 », la Banque de Développement Allemande (KfW) et le Gouvernement Tunisien ont signé, des accords de prêts et de financements dans plusieurs domaines y compris les « énergies renouvelables ».

La KfW va mettre à la disposition du Gouvernement Tunisien des prêts d’une valeur totale de 93,5 millions d’euros ainsi que 12,38 millions d’euros sous forme de dons.

De même, selon le ministère tunisien de l’Energie, des Mines et des Energies Renouvelables, un don de 7 millions d’euros de la part de l’Agence Allemande de Coopération Internationale (GIZ) a été accordé au gouvernement tunisien pour assurer le financement le projet de soutien préliminaire de de son plan d’énergie renouvelable de 1 GW, qui comprend l’installation de 650 MW d’énergie solaire. La GIZ a assuré ces fonds pour financer la supervision logistique et technique du développement du programme des énergies renouvelables pour la période 2017-2020.

Selon le ministère tunisien de l’Energie, des Mines et des Energies Renouvelables, les énergies renouvelables ne représentent que 4% seulement au maximum du mix énergétique tunisien, avec des projets qui visent à atteindre 30% d’ici 2030. Ce qui représente un grand problème puisque la Tunisie souffre de coupures électriques fréquemment et a eu plusieurs fois besoin de recourir à la l’Algérie pour assurer des besoins électriques.

Pourquoi le secteur des énergies renouvelables n’est pas développé en Tunisie alors qu’on est en 2017 ? Une mobilisation nationale qui encourage l’investissement des Tunisiens dans le secteur des énergies vertes est la façon optimale pour développer ce domaine vital à notre économie en premier lieu, et pour participer à la protection de notre planète Terre des changements climatiques. Même si l’empreinte de Carbone de la Tunisie est négligeable par rapport aux pays développés, il faut investir dans les économies vertes avant qu’il ne soit trop tard. Les investissements climatiques, à part économiser l’énergie et l’argent, et à part créer des emplois, ils assurent notre sécurité future qui dépendra essentiellement du changement climatique puisqu’il attaque en premier lieu à nos réserves d’eau et à la qualité et quantité des produits végétaux. L’implémentation des stratégies et plans de financement climatiques nationaux est cruciale pour le bien-être des générations futures.

Mohamed Chahbi


Météo
Tunis