Publié le: 17 janvier 2017 à 17h00

Majdoline et Jery: Sois belle et tais toi ! …Entre temps la leçon « sénégalaise »

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wadiaa jery majdouline cherni

Qu’elle s’appelle Majdoline, Mabrouka ou Meherzia, cela ne change rien à la donne : cette femme est-elle bien à sa place ? Le buzz recherché par Imed Daimi, éminence grise de Moncef Marzouki, n’aura fait que marginaliser le problème, le vrai, à savoir l’état de déliquescence que vit le sport national.

Car il ya bien matière à réflexion en ce qui concerne les avatars du sport et, qu’à l’évidence le gouvernement qui vit un mois de janvier particulièrement « chaud », malgré le froid polaire qui sévit, sous-estime l’impact qu’exerce le sport et, particulièrement, le football sur le métabolisme social.

Sur ce plan, nous avons un repère historique incontournable. C’est l’épopée de l’Argentine 78. L’état de grâce divine  qui transcendait la sélection nationale sur deux années, c’est-à-dire tout le long des matches de qualification, jusqu’au mémorable 4-1 d’El Menzeh, infligé à l’Egypte au mois de décembre 1977 et, donc, la qualification au Mundial argentin, cet état de grâce donc, aura retardé d’au moins une année l’explosion sociale et les émeutes de janvier78.

Tout autant que la religion (Marx) le football est l’opium des peuples. La grande cantatrice Naama s’égosillait après chaque victoire à chanter « Ellila Aid », tandis que les rues étaient inondées de fêtards. Un député avait même eu cette réflexion : « si nous avions eu Attouga premier ministre les émeutes n’auraient pas eu lieu ».

Le contexte change, c’est évident. « La révolution » aura certes libéré la parole, donné droit aux manifestations, aux revendications et a même révélé les facettes de la machine de la répression, charriant quelque part aussi, une certaine part de subjectivité. Mais le sport, jadis ultime exutoire du défoulement social, s’est retrouvé lui aussi instrumentalisé. Beaucoup de ministre en six années, mais aucun d’entre eux n’a eu ni le temps, ni les moyens de se pencher sur l’épineuse problématique des états généraux du sport national.

On en est même arrivé à confier le ministère à un dévot (repenti après coup), à une marionnette  aux mains de Son excellence Slim Riahi, président du Club Africain. Indirectement, il y avait  là quand même un conflit d’intérêts par procuration.

Plus que jamais en effet aujourd’hui, le sport est tiraillé par les conflits partisans et, au final, il s’immole (un terme à la mode) sur l’autel du ridicule. Le football en est le sommet de l’Iceberg. Cela a toujours été le cas. Sauf que nul n’est désormais dupe de certaines pratiques.

Il ya d’abord un monsieur qui gère la fédération de football selon des intérêts inavoués, qui a mis en place une oligarchie inatteignable et que personne ne peut déboulonner de son piédestal. Et quand Tarek Dhiab, pourtant ministre nahdhaoui  a juré d’avoir sa tête, notre Blatter national s’est mis sous la protection de Cheikh Rached. Puis, ayant désormais les coudées franches, il a entrepris ce patient travail de sape des fondements du football.

A chaque saison tout est tracé d’avance : on sait qui remportera le titre et on sait qui ira au purgatoire. Il se sent intouchable parce qu’il s’est mis dans la peau du messie du Sud. Tout le Sud lui est acquis  en effet, et cela  accentue encore plus les clivages régionaux. La violence dans les stades en est la conséquence.

Si le championnat est sa chasse gardée, l’équipe nationale est « sa chose ». Il a tapé du poing sur la table pour imposer Kasperzack à la tête de la sélection, refusant catégoriquement qu’on avançât la candidature de Faouzi Benzarti, le meilleur entraineur tunisien du moment.

Il veut toujours avoir des semi-couteaux autour de lui. Or, disons le sans détours : Kasperzack est un homme dépassé. Le seul souvenir d’une belle aventure en 1996 en Afrique du Sud, là où l’équipe nationale renaissait de ses cendres ne s’inclinant qu’en finale face au pays organisateur ne suffit pas. Car en ces temps-là, un certain Raouf Najar présidait aux destinées de la FTF. Tout était donc planifié. Mais, là, l’expédition du Gabon s’est faite à l’emporte-pièce. Et même la qualification risquait d’être à un certain moment compromise.

En tous les cas, à voir cette équipe de Tunisie alignée comme une armée du salut face au Sénégal, on comprend que notre sélectionneur s’est lourdement trompé de schéma. Il n’a pas étudié le Sénégal, pourtant vulnérable dans les couloirs. Du coup, la sélection retombait dans ses péchés mignons : une domination stérile ; une absence de relais entre des lignes distendues  et un attaquant, un seul qui s’esseule à aller chercher le ballon parce que celui-ci ne lui parvenait pas. Il en a donc perdu le sens du cadrage des bois adverses et, inévitablement, il manquait de finish.

Maintenant, on ne sait pas avec quel état d’esprit la sélection tunisienne poursuivra l’aventure de la CAN. Seule une victoire finale « légitimera » l’absolutisme et les relents dictatoriaux de M. El Jerry.

En cas de camouflet, il s’en lavera les mains. Kasperzack ira en retraite, le staff sera remodelé et Mademoiselle Majdoline Cherni continuera à ne rien comprendre au sport. Comme elle a réussi un authentique fiasco quand on lui a confié les martyrs de la « révolution »…

Raouf Khalsi


Météo
Tunis