Nafta - 100 000 ans en arrière: Un Sahara vert, des hommes modernes et des vastes lacs d'eau douce - highlights.com.tn
Publié le: 16 mars 2017 à 16h35

Nafta – 100 000 ans en arrière: Un Sahara vert, des hommes modernes et des vastes lacs d’eau douce

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Nafta

Si vous allez à Nafta, à 4,5 kilomètres du centre-ville en direction de Hezoua, vous pourrez dire « Je me tiens exactement là où des hommes modernes (homo sapiens) vivaient, il y a de là 100 000 ans ».

C’est une équipe constituée de représentants de l’Institut National du Patrimoine (INP) et de l’Institut d’Archéologie à l’Université d’Oxford en Grande-Bretagne qui ont fait cette trouvaille qui s’ajoute au patrimoine tunisien et l’enrichit.

Les experts ont découvert ce site préhistorique de l’homo sapiens en 2013. Après des fouilles et de longues études, ils sont parvenus, en 2015, à le dater.

Des traces d’animaux (Bovidés, équidés et carnivore) de la même époque ont aussi été repérées.

Par la découverte de ce site où la vie humaine et la vie animale régnaient, les chercheurs sont arrivés à la conclusion que « les chotts de Gharsa et de Djerid formaient de vastes paléolacs alimentés par plusieurs rivières. Ce paysage a facilité la dispersion des faunes et des hommes modernes au-delà du Sahara durant la dernière période interglaciaire humide »

Ces résultats ont été donnés dans une conférence de presse tenue le 14 mars à Nafta où l’équipe du projet a exposé ses travaux. Une équipe dont il faut retenir chaque nom. Ces amoureux du patrimoine ont creusé 2 mètres sous terre pour aboutir à cette magnifique recherche et ont travaillé dur en plein mois d’août dans une chaleur infernale. Voici de qui il s’agit :

  • Nabiha Aouadi, INP (Archéozoologie)
  • Hela Mekki et Lotfi Belhouchet, INP (Industrie lithique)
  • Nabil Gasmi, Faculté des Lettres de Sousse (Géomorphologie)
  • Nicholas Drake, King’s college, London (Géomorphologie)
  • David Peat, Oxford, London (Datations OSL)
  • Ian Candy, Oxford, London

Après la découverte…

Après cette magnifique découverte, vient obligatoirement l’étape de conservation du site préhistorique. Quelles mesures vont être prises dans ce sens ?

Nabil Guesmi, le président de la Chambre de Développement. Du Tourisme Oasien et Saharien (CDTOS) a fait savoir qu’une demande a été présentée au ministère des Affaires culturelles pour installer une clôture de 7 hectares. Cela coûtera 80 000 dinars.

De plus, une démarche pour privatiser le site préhistorique et le mettre sous la tutelle de l’INP.

De beaux projets en vue… Espérons qu’ils se concrétisent et que ce site préhistorique de 100 000 ans se développe et deviennent une des destinations touristiques les plus prisées.

Notre pays regorge de richesses patrimoniales à découvrir et à faire découvrir aux jeunes générations. Le tourisme ne se pratique pas uniquement à Hammamet et à Sousse. Il se pratique également au Sahara qui certes n’est pas vert et les chotts ne sont pas de vastes lacs d’eau douce comme 100 000 ans en arrière mais le désert tunisien demeure toujours aussi beau. Naama a bien chanté « يا زين الصحراء وبهجتها يا مجمل رمالها ».

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Nick Drake effectuant des fouilles

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Site préhistorique

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Un fossé creusé par les experts durant leurs recherches

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Nick Barton, Nick Drake et Nabil Guesmi

Nick Barton, Nick Drake et Nabil Guesmi

Faten Touhami

Photo principale d’illustration


Météo
Tunis