Publié le: 8 août 2017 à 16h51

La nuit de la danse: Un public déçu au Festival international de Hammamet

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S’appuyant sur sa tradition de festival résolument axée sur toutes les formes d’expressions artistiques dont la danse contemporaine, la 53ème édition du Festival international de Hammamet a présenté mardi 7 août 2017 dans le cadre de son programme ActNow, trois pièces chorégraphiques révélant la danse tunisienne dans sa diversité. Le spectacle devait commencer à 20h30 mais après un changement d’heure déjà annoncé le show a commencé à 22h.

Les trois pièces chorégraphiques sont :

« Nitt 100 limites » Chorégraphie et interprétation d’Oumaima Manai

Nitt 100 limites d’Oumaima Manai est un spectacle à double sens : la quête de la libération du corps qui entraîne la libération de la pensée et du corset des idées figées. Dans cette œuvre, Oumaima Manai, marche, court, danse, cherchant à fuir, à se libérer et à briser ses chaînes ….

Les mouvements d’Oumaima Manai étaient presque invisibles on ne voyait qu’une fille en train de se débattre avec des câbles. On aurait cru assister à une bagarre entre un être humain et un tas de câbles. Il est vrai que ce spectacle s’inscrivait dans le cadre d’un spectacle de danse contemporaine mais il est assez difficile de dire que Oumaima Manai a dansé lors de son passage.

L’expression de la quête de la libération du corps était très claire et compréhensible mais ce n’est pas la danse qui l’a exprimé… c’est plutôt la bagarre qu’a entrepris Oumaima Manai avec ces câbles.

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Après 4 minutes de pause la chorégraphe et interprète Mariem Bouajeja est montée sur scène pour présenter son spectacle « Ghafla ».

La création présente la contradiction existentielle entre le Soi et la voix intérieure, indéfinissable combat entre ces deux êtres physique et spirituel.

Cette guerre peut être visible, tangible, palpable comme elle a été dessinée par l’interprète, mais elle peut également être intériorisée et floue, là où ces voix oscillent entre le bien et le mal, l’amour et la haine, …

Mariem Bouajeja ainsi que son coéquipier ont fait un effort au niveau de la mise en scène mais aussi au niveau de la chorégraphie. Grâce aux mouvements de leurs corps, ces derniers ont emporté le public dans des situations différentes. Une fois, ils ont présenté l’amour, une autre la haine et une autre fois la peur.

En effet, rien qu’avec les bras, les jambes et le visage ces deux danseurs ont pu quelques fois terroriser le public présent.

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Pour la fin du spectacle le public avait rendez-vous avec « Omda Show » chorégraphie et mise en scène de Imed Jemaa.

Après 20 ans de carrière et à cette étape de son parcours, Imed Jemaa, s’interroge. C’est entre le bilan et la projection sur l’avenir qu’il se situe, c’est avec son niveau de performance qu’il se confronte.

Imed Jemaa a essayé pendant son spectacle de critiquer la société tunisienne, mais le fait de vouloir tout critiquer en presque une heure a réduit son show à « fourre tout ».

Par ailleurs, lors de son show, Imed Jemaa n’a pas beaucoup bougé, il a comblé son show par des effets qui l’aident à rester immobile pendant des minutes.

En effet, Imed Jemaa a débuté son show assis sur une chaise puis debout devant un micro et ce, pendant presque 5 minutes, chose bizarre à voir pendant un spectacle de danse. Normalement, pendant un spectacle de danse, le danseur essaye de s’exprimer par son corps et non pas par la parole, mais cela importe peu semble-t-il à Imed Jemaa qui l’a très bien exprimé pendant son spectacle en disant « c’est mon spectacle et je fais ce qui me plaît ».

Imed Jemaa a perdu de sa forme, il n’a dansé que très peu.

Un spectacle qui a beaucoup déçu le public venu pour regarder un véritable spectacle de danse.

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Ibtissem Zakai Ben Abdallah 


Météo
Tunis