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Publié le: 20 décembre 2016 à 17h48

Patrick Poivre D’Arvor (PPDA): un journaliste monumental, mais pas que !

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Patrick Poivre D’Arvor (PPDA), à la glorieuse carrière pendant 30 ans au JT de 20 heures à la première chaîne française TF1, aux fameuses interviews historiques avec les personnalités des plus célèbres mais également des plus insolites et dangereuses de l’histoire, comme Saddam Hussein, Kadhafi…etc., est actuellement en visite en Tunisie. Nous avons eu la chance et le privilège de le rencontrer avec une dizaine de journalistes dans une entrevue intime, agréable et riche en révélations. L’Ambassadeur de France à Tunis, Olivier Poivre D’Arvor, qui n’est autre que son frère, ainsi que le ministre tunisien de la Culture, Mohamed Zinelabidine, nous ont par la suite rejoints dans un moment de partage et de convivialité, avant de passer à la grande salle ou quelques trois cent personnes attendait PPDA, pour une conférence autour de son parcours.

Voici ce qu’a confié PPDA au petit groupe de journalistes à Tunis en début de soirée du 19 décembre 2016.

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PPDA, apporte son soutien au tourisme en Tunisie

En France, comme en Tunisie, nous avons vécu des moments difficiles liés aux attentats terroristes. La vidéo que je viens de diffuser sur mon compte Facebook est une façon d’exprimer ma solidarité. Ce n’est ni de la compassion, ni de la commisération. C’est une initiative qui peut aider, alors je le fais ;  c’est la moindre des choses !

PPDA et la Tunisie

Ma première visite en Tunisie date de près de 45 ans. Je venais d’avoir 18 ans et j’avais avec deux de mes amis acheté une « 2 chevaux » à 500 francs. Nous avons ensemble effectué la traversée de la Méditerranée, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye. Faute de moyens, on campait, on dormait dans la voiture ou bien on logeait chez les gens. Ce qui m’avait marqué à jamais en Tunisie, c’était l’accueil, la tolérance et la gentillesse des gens. Ça m’a complètement changé ma mentalité et mon regard sur le monde. Ces rencontres m’avaient complètement ému. C’était un voyage fondateur, un voyage de la découverte de l’autre.

Une fois dépassé les frontières avec l’Algérie, on sentait de suite la différence. On portait un regard différent sur les femmes, grâce aux acquis de votre père fondateur Bourguiba. D’ailleurs, il ne faut jamais oublier l’histoire, il faut toujours la voir dans le rétroviseur. Ensuite, la Tunisie a eu des hauts et des bas, mais c’était l’origine des initiateurs de la révolution. C’est même vous qui aviez créé le fameux slogan «Dégage » utilisé un peu partout après. Il y a eu une accélération du temps ; on assiste à un désir du peuple de se réapproprier le pouvoir dans plusieurs endroits dans le monde. Dans l’histoire, il y a toujours une évolution, des évolutions. Je vois en Tunisie un foisonnement des libertés, des opinions, des médias, des représentations au parlement … Même si ça paraît bruyant et désordonné, c’est très important. Je suis admiratif de votre travail et de votre combat.

Que devient PPDA après le JT de TF1

Je suis parti de la télévision contre mon gré. Actuellement je suis, comme à mes débuts, animateur à la Radio Classique, tous les soirs de 19 à 20 heures. Je trouve beaucoup de plaisir avec mon émission qui traite dans sa 1ère partie de la vie politique et dans sa 2ème partie de culture. Ce sont mes deux centres d’intérêt personnels. Par ailleurs, depuis mon départ de la télé, j’ai reçu plusieurs propositions, mais j’avais envie de faire des nouvelles expériences, des choses différentes. J’ai donc mis en scène un opéra, écrit le livret d’un autre, fait beaucoup de lectures musicales avec de grands musiciens et j’aime beaucoup ça. J’ai aussi réalisé un film et j’ai continué à écrire. Je viens d’ailleurs de sortir un nouveau livre sur Saint-Exupéry, il y a à peine quelques semaines.

PPDA et les guignols

Je n’ai jamais été consulté lors de la création du guignol qui me représentait, ni quand on l’a supprimé, d’ailleurs. J’ai dû vivre avec cette apparence pendant 30 ans. Honnêtement, la voix ça allait, mais pour l’apparence physique, on peut faire mieux ! Bon je l’ai accepté, ça m’amusait même, mais pas mes patrons. Il y avait une très grosse rivalité entre TF1 et Canal+. Les inspirateurs des guignols mettaient sur ma langue des propos très désagréables à l’encontre de mes patrons. Un jour, une femme de ministre que je ne citerai pas, m’avait même reproché des propos dits par mon guignol sur son mari !

PPDA le romantique

J’ai écrit beaucoup de romans d’amour. Mon tout premier, je l’ai fait à l’âge de 17 ans, mais je l’ai publié bien après. Ce livre s’intitule « Les enfants de l’aube ». Je me rappelle à sa publication qu’on m’avait fait le reproche de l’avoir fait ; « on ne publie pas de roman d’amour quand on est journaliste et qu’on présente le journal télévisé ! »

PPDA adresse un message aux journalistes

Dans ma carrière de journalistes, j’ai croisé des gens de la profession qui, au bout de quelques années, commençaient à avoir les traits tirés, les yeux fatigués, qui avaient perdu de leur ferveur et de leur motivation. Alors, je leurs ai conseillé d’arrêter le journalisme. Ça ne sert à rien de continuer dans ces conditions. Un journaliste a besoin d’être toujours enthousiaste et motivé.

Par ailleurs, je pense qu’il y a de l’avenir pour la presse électronique, car il faut plus de journalistes pour filtrer et pour modérer les flots d’informations qui jaillissent sur Internet. Il y a un bel avenir pour les journalistes !

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Dorra Megdiche Meziou


Météo
Tunis