JCC2017


Publié le: 11 octobre 2017 à 15h33

PoPo : « L’Art contemporain en Tunisie, un Possible Potentiel »

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Procession 10

Une dizaine de journalistes français, italiens et allemands, de renommée internationale et spécialisés dans les arts ont été invités à venir découvrir la richesse et la variété du paysage artistique tunisien. L’Art Contemporain Tunisien  est un reflet des changements sociaux, politiques et culturels que connaît la Tunisie depuis sept ans  mais reste méconnu à l’étranger en l’absence d’une manifestation d’envergure dédiée à l’art contemporain en Tunisie. C’est pourquoi une dizaine de journalistes français, italiens et allemands, de renommée internationale et spécialisés dans les arts ont été invités à venir découvrir la richesse et la variété du paysage artistique tunisien du 30 septembre au 3 octobre.

Cette initiative a été prise par plusieurs personnalités connues du monde des arts dont Faouzia Sahli , Olfa Behassine,Hamma Hammami et l’artiste Sadika Keskes, connue notamment  pour son travail en verre soufflé. Elle a été soutenue par Le Ministère des Affaires Culturelles le ministère du Tourisme et de l’Artisanat, l’O.N.T.T, ainsi que Tunis Air.

En organisant des visites dans sept galeries qui ont adhéré au projet : les galeries Musk and Amber, Salma Feriani,  Bchira Art Center,  El Marsa,  Alain Nadaud,  Gorgi et  El Birou, (Sousse) , les  journalistes invités ont pu être témoin de la vitalité de la variété des supports , des techniques et des démarches des artistes exposés. Des visites d’ateliers d’artistes (Omar Bey, Mouna  Jmal  Siala et  Feryel Lakhdar) étaient aussi au programme.

« Les journalistes feront également une incursion dans Dream City, en work in Progress, le deux octobre, la veille pratiquement de son ouverture »  a ajouté Sadika.

Un des moments forts de l’événement  « PoPo »,  a été la performance, dimanche 3 octobre, que Sadika a appelée « les tombaux de la dignité » après que les journalistes aient d’abord été invités à voir l’exposition des artistes  Imen Chetouan, Gabriele Dipas, Houda Ghorbal, Bashar Hroub, Mondher Jawabrah, Mouna Jemal Siala, Wadi Mhiri, Clara Puente .

Sadika avait fabriqué des tombeaux en verre,  garnis de fleurs, des sépultures symboliques en hommage à toutes celles et ceux qui continuent à périr  en essayant de traverser la Méditerranée et que les familles ne peuvent pleurer, faute d’endroit où se recueillir.

Les personnes présentes, dimanche trois octobre, ont été  saisies d’émotion. Les tombeaux de verre étaient présentés  et veillés pendant que Hamma Hannachi lisait un poème  sur le drame  de ces personnes qui reposent au fond de la Méditerranée et rendait également hommage à la mairesse de Lampedusa,  Giusi Nicolini, , qui était devenue l’égérie des politiques d’accueil que l’Italie avait poursuivi malgré le peu d’empressement européen à lui venir en aide. Mardi 27 juin, elle s’est vue   remettre, à Paris, le Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, décerné par l’Unesco, pour avoir « sauvé les vies » de nombreux migrants et les avoir « accueillis avec dignité ».

La levée des cercueils s’est effectuée à 16.30. Ils ont été porté, à bras, jusqu’à la mer .Suivi d’artistes et de journalistes, le cortège est arrivé jusqu’à la plage .Sadika et ses amis sont alors entrés dans la mer pour accrocher un tombeau, à une dizaine de mètres du rivage, qui allait rejoindre cinq autres tombaux installés le matin même, flottant dans l’eau, agitée ce jour là.

Une performance similaire est prévue sur à la plage du port de Lampedusa en Italie, le 5 octobre 2017.

Un petit cercueil blanc, avec ses fleurs et son ruban, est  curieusement resté sur la plage, rejeté par la mer, dans la position qu’avait le petit Aylan, retrouvé, sans vie, à trois ans, sur une plage de Turquie, le quatre septembre 2015. Cette image avait alors fait le tour du monde. Là, elle fait écho au propos de Heine : « “Chaque pierre tombale couvre une histoire universelle.”

Procession1 Procession 2

Edia Lesage


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Tunis