JCC2017


Publié le: 10 novembre 2017 à 16h10

Projection de la première du film tunisien « El Jaida »: Un public mécontent mais conquis ! (vidéo)

Partager

jaida

Jeudi 9 novembre 2017 a eu lieu la première du film tunisien « El Jaida » de Selma Baccar au cinéma Le Colisée au Centre-ville de Tunis. Programmé dans le cadre des Journées Cinématographiques de Carthage, plusieurs personnes n’ont pas voulu rater cette occasion de visionner le nouveau film de Selma Baccar.

Mais à la surprise de tous, des centaines de spectateurs faisaient la queue devant le Colisée. La queue arrivait jusqu’à la rue. Certains faisaient la queue depuis plus d’une heure, une attente qui commençait à peser.  D’ailleurs très vite l’ambiance a basculé, des bousculades, des disputes, bagarres et tensions…

« El Jaida » devait commencer à 21h15 mais à cette heure-là, il y a avait un autre film encore en projection à l’intérieur de la salle.

Attendant que le film finisse et que le public à l’intérieur de la salle sorte, le nombre des spectateurs venus voir « El Jaida » n’arrêtait pas d’augmenter. Quelques-uns n’ont pas pu supporter les bousculades et ont décidé de rentrer et de ne pas voir le film.

Un calvaire que le public n’a pas hésité à exprimer en accédant enfin à la salle. Tous critiquaient la mauvaise organisation des Journées Cinématographiques.

Arrivant en sueur, les vêtements froissés, les cheveux mêlés, le public était en colère et très révolté. Chose qu’il a exprimé lors de la montée de Feriel Graja et de la réalisatrice du film Selma Baccar sur scène.

Devant tous ces gens mécontents Selma Baccar a eu la lourde tâche de calmer son public et elle a su trouver les mots.

Après plusieurs minutes de grabuge l’équipe du film est montée sur scène et a annoncé le début du film et ce, à 23 heures du soir.

Une heure tardive sachant que le film dure 2 heures.

Toutefois, cela valait le coup d’attendre. « El Jaida » était un film magnifique qui nous apprend beaucoup sur la vie des femmes avant le règne de Bourguiba. A cet époque toute épouse ou même fille qui n’obéissait pas à son mari ou à son père était envoyé à « Dar Joued »

Une institution mi-éducative, mi-carcérale, Dar Joued était un endroit où les femmes jugées désobéissantes pouvaient être consignées en dehors de toute décision de justice. Ces bâtisses ont existé depuis la fin du XVIème siècle et jusqu’à la moitié du XXème siècle.

Si la femme tunisienne, forte de caractère, a souvent su se défendre, s’imposer, et avoir gain de cause dans une société patriarcale, il n’en demeure pas moins que certaines avaient du mal à défendre leurs droits les plus élémentaires. Soumises, ces Tunisiennes subissaient maltraitance et actes dénotant de la plus grande misogynie. Entre la jeune fille forcée à se marier très jeune au vieil ami du père, la jeune femme obligée d’avorter car le mari ne veut pas d’enfants, ou encore la femme se refusant à son mari…tout est prétexte pour un petit passage par la maison de correction.

Film « El Jaida » raconte l’histoire de quatre femmes qui sont envoyées à « Dar Joued ».

En présentant le film, Selma Baccar a présenté « Khakti Ourissiya » une centenaire qui sans elle, elle n’aurait jamais pu écrire ce scénario.

Pendant, quatre ans, Selma Baccar rencontrait « Khalti Ourisiya » qui lui a ouvert la porte du temps en lui racontant et décrivant la vie des femmes à « Dar Joued ».

Un film dont le scénario, le casting, le jeu des acteurs, la musique étaient très bien faits et étudiés.

Un très beau film qui prouve que le cinéma tunisien peut faire des miracles

Pour regarder la bande d’annonce du film cliquer sur ce lien.

Il est à noter que le film sortira en salles à partir du 12 novembre 2017.

el jaida9

Ibtissem Zakia Ben Abdallah


Météo
Tunis