JCC2017


Publié le: 7 février 2017 à 20h03

Syrie: 13 000 pendaisons dans une prison en 4 ans ! (Vidéo)

Partager

Saydnaya Executions Report

Entre 2011 et 2015, chaque semaine, des dizaines de prisonniers ont été exécutés dans la prison de Saidnaya en Syrie. Des pendaisons de masse réalisées dans le plus grand secret lèvent le voile sur une véritable politique d’extermination.

Dans cette prison, les pendaisons se sont déroulées une à deux fois par semaine, habituellement le lundi et le mercredi, au milieu de la nuit.

DES PENDAISONS DE MASSE CHAQUE SEMAINE

Jusqu’à 50 personnes peuvent être pendues en une seule nuit. Les corps des victimes sont emportés en camion et enterrés secrètement dans des fosses communes. Leurs familles ne sont pas informées du sort qui leur a été réservé. On assure aux détenus qu’ils vont être transférés dans une prison civile en Syrie. Au lieu de cela, ils sont emmenés dans une cellule située au sous-sol de la prison, où ils sont passés à tabac. Ils sont ensuite transférés vers un autre bâtiment de la prison, toujours sur le site de Saidnaya, où ils sont pendus. Pendant tout le processus, les victimes gardent les yeux bandés. Elles ne savent pas quand ni comment elles vont mourir, jusqu’à ce que la corde leur soit passée autour du cou.

UN VÉRITABLE ABATTOIR HUMAIN

Des victimes de Saidnaya ont livré des témoignages effrayants quant à la vie à l’intérieur de la prison. Ils évoquent un monde soigneusement pensé pour humilier, dégrader, rendre malade, affamer et au final tuer ceux qui s’y trouvent enfermés.

Nombre des prisonniers ont déclaré avoir été violés ou parfois contraints de violer d’autres détenus. La torture et les coups sont infligés régulièrement en vue de sanctionner et d’humilier, entraînant souvent des lésions durables, des handicaps, ou la mort. Les cadavres des détenus sont ramassés par les gardiens chaque matin, vers 9 heures.

La nourriture et l’eau sont régulièrement supprimées. Lorsque les gardiens apportent la nourriture, ils la jettent bien souvent sur le sol des cellules, où elle se mêle au sang et à la saleté. Les rares personnes qui arrivent à sortir de Saidnaya font en général la moitié du poids qu’elles avaient en arrivant. Par ailleurs, Saidnaya est régie par son propre ensemble de « règles spéciales ». Les prisonniers ne sont pas autorisés à faire du bruit, à parler ni même à chuchoter. Ils sont contraints d’adopter certaines positions lorsque les gardiens entrent dans les cellules, et le seul fait de regarder les gardiens peut leur valoir la mort.

Le but de cette politique et ces pratiques qui s’apparentent à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, approuvées au plus niveau du gouvernement syrien, est d’écraser toute forme de dissidence au sein de la population. Aucun prisonnier condamné à la pendaison à la prison de Saidnaya n’a été jugé dans le cadre de ce qui pourrait ressembler à un véritable procès. Avant d’être pendues, les victimes ont droit à une procédure sommaire, qui dure une ou deux minutes, devant le soi-disant « tribunal militaire opérationnel ». Elle est si sommaire et arbitraire qu’il est impossible de la considérer comme une procédure judiciaire. Les témoignages d’anciens représentants du gouvernement, gardiens, juges et détenus permettent de se faire une idée précise de la procédure grotesque qui conduit aux pendaisons. L’ancien juge d’un tribunal militaire syrien a ainsi déclaré que le « tribunal » fonctionne en dehors des règles s’appliquant au système légal syrien.

F.T. d’après Amnesty International


Météo
Tunis