Publié le: 17 mai 2017 à 12h31

Tunisie: L’importation des pneus turcs ont évolué de 1400% !

Partager

zied laadhari

Hassen Zargouni, le fondateur de l’institut de sondage, Sigma Conseil, a récemment publié un post sur sa page Facebook dans lequel il braque les projecteurs sur les importations des pneus de la Turquie et les détaillent en chiffres. Il démontre également comment la Société Tunisienne des Industries de Pneumatiques (STIP) en pâtit :

« Chiffre du jour : +1400% !

Il s’agit de l’évolution des importations tunisiennes en pneumatiques en provenance de Turquie entre l’an 2010 où elles étaient à hauteur de 1.31 million de dinars à 19.68 millions de dinars en 2016, soit près de 15 fois de croissance en 6 ans.

La Tunisie importait des pneus à raison de 27 millions de dinars en 2010 au total, ce chiffre a grimpé à 40 millions de dinars en 2015, pour connaître une progression de 78% en 2016 et atteindre les 78.8 millions de dinars.

En 2016, la part de marché de l’importation de pneumatiques de la Turquie était de 25%, alors qu’elle n’était que de 4.8% en 2010. Les importations chinoises ont, quant à elle, doublé de 2010 à 2016, où elles ont représenté 19.6% de l’ensemble des achats Tunisiens de pneus de l’étranger.

Pendant ce temps, la compagnie nationale, la STIP, a vu ses performances baisser tous les ans depuis 2010, année où elle exportait pour 39 millions de dinars, contre une importation de 27 millions de dinars, et où les ventes locales représentaient 61.8 millions de dinars. Aujourd’hui, les exportations ne représentent plus que 7.3 millions de dinars et les ventes locales sont passées de 60 millions de dinars en 2015 à seulement 34.6 millions de dinars en 2016, soit une baisse de 42%.
Les prémisses de 2017 confirment la même tendance. La Tunisie vient d’importer sur les 2 premiers mois janvier et février 2017 pour 7.9 millions de dinars de pneus en provenance de Turquie, soit 40% de part des importations totales, contre 3 millions importés de Chine et une part de 15%.

De là à dire qu’on est en phase de désindustrialisation en faveur de « partenaires » privilégiés comme la Turquie ou la Chine, par manque de compétitivité, productivité, c’est peut-être exagéré. Le temps nous le dira.
Ce qui est certain, c’est que ni la Tunisie, ni son industrie, ni les Tunisiens ne sortent gagnant de cette évolution néfaste à l’économie du pays et à l’emploi.
Il faut agir et vite avant que l’hémorragie tue un fleuron de notre arsenal industriel et avant que cette endémie se propage et contamine d’autres industries, seules garantes de création d’emplois massifs et durables.

Walakom sadid ennadhar.

Hassen Zargouni »

F.T.


Météo
Tunis